Partir

Jeunesse
&
Culture

Partenaires

« Partir » est un court-métrage, réalisé par des jeunes du territoire dès 13 ans.

. Il est le fruit d’un travail de plus d’un an et d’une synergie entre divers partenaires.

Comment est née cette collaboration?

Le Centre Culturel, l’AMO et la MJ travaillent souvent en collaboration à l’occasion de divers projets, qu’ils soient hebdomadaires ou durant les vacances scolaires. Les travailleurs se connaissent.

L’idée du court-métrage a démarré par la participation à un projet média au sens large du terme, organisé en résidentiel. Les services y ont participé avec leurs propres groupes, cela a débouché sur l’envie de participer à quelque chose d’une plus grande envergure. Mutualiser les forces a paru être une évidence.

Objectifs principaux

Cette collaboration précise est née d’une part, de la volonté de faire rencontrer les jeunes habitant le même territoire mais ne se fréquentant pas spécialement. D’autre part, cela permettait de créer une accroche ou de renforcer les liens, entre ces jeunes et les travailleurs afin de multiplier leur participation dans les activités organisées par les divers services. Ces jeunes, issus d’un public dit « vulnérable », ont souvent peur de l’extérieur et fréquentent peu les lieux qui ne font pas partie de leur environnement habituel. 

Les structures telles l’AMO et la MJ leur permettent d’acquérir certains codes afin de s’intégrer au mieux. Participer à un projet de création, de réalisation d’un court-métrage les valorise dans leurs compétences, augmente la confiance en leurs capacités et accroît leur sentiment d’appartenance.

Concrètement...

La réalisation du court-métrage a demandé environ une année de préparation.

Les jeunes se rencontraient tous les lundis soir. Un animateur du centre culturel, une éducatrice de l’AMO et une animatrice de la MJ coordonnaient le groupe, géraient les activités, aménageaient le planning en fonction des besoins. Parallèlement, des réunions entre les différents partenaires ont eu lieu à divers moments.

Les jeunes ont démarré avec l’écriture brute d’un scénario : créer un personnage, un contexte, les décors, les lieux de tournage. Un metteur en scène professionnel de la Province les a aidés à structurer l’histoire et accompagner le travail de comédien pendant quelques séances.

Le tournage a eu lieu à Bredene durant une semaine, un cinéaste de la Province et un animateur du Centre Culturel de Soumagne sont venus renforcer le travail.

Après la réalisation, les jeunes, assistés par un ingénieur spécialisé ont travaillé le son, les bruitages de leur production. Accompagnés par un graphiste, ils ont réalisé l’affiche.

La première à été organisée au Centre Culturel de Soumagne.

L’évènement a été proposé aux familles, aux proches, aux partenaires. Les jeunes ont alors mis sur pied une exposition souvenir de type « making-of » avec des photos, des vidéos, des textes. Un moment convivial autour d’un buffet, préparé par leurs soins également, a clôturé la soirée.

L’année suivante, « Partir » a concouru au Festival Clap d’Or organisé à l’époque uniquement sur Charleroi. L’équipe a remporté le prix du « Boulet Liégeois ». L’évènement porté par divers acteurs de la jeunesse, bénéficie d’une certaine renommée et d’une participation importante d’artistes. Les jeunes ont aisément pu échanger avec ces professionnels sur les métiers du cinéma.

Constats

Les jeunes n’ont pas fait que participer ou porter le projet, ils l’ont construit. La variété des actions mises en place a laissé à chaque participant de trouver une place.

Le partenariat avec divers services implique une capacité d’adaptation. Pour nos jeunes, cela peut être un réel défi tant les objectifs de chacun, la façon de faire de chacun diverge. A certains moments, des légères tensions, pouvaient se faire sentir par des incompréhensions du fonctionnement. L’AMO et la MJ connaissant leurs jeunes et les partenaires, ont joué un rôle de « traducteurs » avec le monde culturel, ont pu apaiser, décanter des situations et rassurer tout le groupe.

Un autre risque pouvait être la durée du projet. Notre public a tendance « à lâcher ». En effet, s’impliquer sur une plus longue durée demande beaucoup d’effort. Les éducatrices ont misé sur la régularité et la continuité des activités grâce à un travail « d’accroche », de stimulation, de motivation, d’encouragement important. La planification rigoureuse, la réflexion constante et la communication aisée, ont facilité l’aboutissement du projet. L’équipe ne pouvait pas se permettre d’hésiter, les jeunes devaient avancer de manière sécurisante et cohérente.

Le cadre présent mais adaptable et souple, les moments de discussions ouvertes constants n’ont fait que renforcer les actions.

Constats positifs

Le groupe a concrètement créé des liens et des jeunes ont plus facilement fréquenté les services lors d’autres activités telles des séjours, des sorties, etc..organisés dans le cadre d’un travail communautaire pour la MJ, d’un travail de prévention sociale pour l’AMO. Cela a aussi laissé émerger des demandes de suivis individuel pour l’AMO.

Tous les jeunes présents ont, les années suivantes, participé, que ce soit du côté MJ ou AMO, à des projets court-métrage présentés au Festival Clap d’Or, exporté sur Liège depuis. Les services sont désormais impliqués dans son organisation, à divers niveaux.

L’expérience se transmettant aussi par les pairs, le bouche à oreille continue toujours actuellement. Les jeunes ayant été impliqués parlent encore de « Partir » et donnent envie à d’autres de réitérer l’aventure ou de s’engager dans les projets ciné, média etc…

Les professionnels, les acteurs sociaux des territoires partagent souvent le même public sans pour autant en connaître les mêmes facettes. Leur travail, leurs missions divergent. Leurs fonctionnements, leurs objectifs, dès lors sont très différents. Se connaître permet ainsi des échanges plus fluides et surtout donner d’une part une vision plus globale du public et d’autre part, de composer avec les choix pédagogiques de chacun.

Défis

Des réunions et la disponibilité de chaque participant ont soutenu le travail. La communication, se recentrer sur l’objectif et le faire primer ont fait en sorte que le projet aboutisse.

Anecdote

Lors du tournage à la mer, les jeunes ont souvent mangé des chips en apéro ou des confiseries dans les chambres lors de moments libres en soirée. Un partenaire s’est interrogé sur notre « laisser faire » et à juste titre, il mettait en avant le rapport à la nourriture, les bienfaits d’une éducation à l’alimentation saine.

Nous, AMO et MJ avons amené une autre interprétation : pour nos jeunes, ce tournage était aussi un séjour vacances, un séjour où se retrouver en groupe, loin de vies souvent agitées et/ou d’un environnement pesant. Faute de moyens, financiers avant tout mais pas uniquement, il est rare que nos jeunes puissent bénéficier de cela. Ainsi, manger des chips durant un apéro karaoké improvisé ou des confiseries amassés dans une chambre remplie de rigolade est alors un plaisir lié aux vacances, à des moments festifs légitimés qui facilitent les liens, les confidences, la relation, l’appartenance, l’expérience positive avec l’autre et avec l’extérieur.

Quels conseils donneriez-vous à d'autres structures?

La collaboration est riche mais demande une implication certaine et corollairement du temps. Les buts de chacun doivent être définis, connus de tous et ramenés quand cela est utile afin de maintenir l’objectif commun de départ. La disponibilité et l’intérêt des travailleurs sont évidemment des atouts pour l’accomplissement du projet.

Les collaborations ont plutôt évolué et se poursuivent en fonction des besoins, des projets qui se mettent en route. Cette liberté permet de travailler avec les partenaires « à bon escient » dans une dynamique positive et saine sans la pression de « devoir faire parce que ça a marché ».

Ce projet a été la base de différentes collaborations par la suite tant avec la MJ qu’avec le centre culturel.

Bons plans à partager...

  • La Province de Liège peut mettre à disposition du matériel mais aussi des professionnels, des personnes ressources pour les besoins spécifiques.
  • Les Centres Culturels sont souvent ouverts aux propositions et peuvent mettre généralement des lieux à disposition.
  • D’autres lieux mettent à profit leur infrastructure: tel le B3 afin de valoriser les initiatives.
  • Divers événements comme le Festival Clap d’or (Liège et Charleroi), des collectifs médias, culture se mobilisent dans la province pour favoriser l’expression.

Contact

Projet

Affiche du court-métrage

Visualiser la réalisation

Partenaires